Les mille et une mains de Souhel Benbarka

Les mille et une mains de Souhel Benbarka

Titre du film : Les mille et une mains
Réalisateur : Souhel Benbarka
Salle de projection : Institut Français d’Agadir, le Samedi 23 Mai à 15h

Compte rendu :

Ce film, sorti en 1971, est le premier long métrage du réalisateur, producteur et exploitant de salles, Souhel Benbarka. C’est l’un des pionniers des années 70 sachant qu’entre 1968 et 1978, le Maroc n’a produit que 17 films. Il s’agit d’une coproduction maroco-italienne qui a été interdite à l’époque. Un film engagé qui dénonce l’exploitation des marocains pauvres par leurs compatriotes riches, aidés par les français ayant fait fortune grâce à la colonisation.

Ce qui suit dévoile en partie ou entièrement l’intrigue de l’histoire

C’est l’histoire de Said dont le père, tisserand, meurt dans un accident de travail. Il s’essaye alors à tous les petits boulots possibles et imaginables pour nourrir sa famille. Il tente à maintes reprises de voir M. Jamal, l’employeur de son défunt père, qui refuse même de le recevoir. Au bout du rouleau, il ne sait plus quoi faire, ni à qui s’adresser. En colère, il fait irruption dans la maison (pour ne pas dire château) du millionnaire, et tombe nez-à-nez avec la femme de ce dernier, qui, comme par hasard, est une française. Elle le somme de sortir par des paroles dures et méprisantes, et là, pris de démence, il commet l’irréparable. Said étrangle une femme française, épouse d’un riche marocain, dans sa propre maison en plein jour. Il ne réalise ce qui c’est passé que quand il se retrouve derrière les barreaux, condamné à perpétuité. Sa mère essaye alors, de faire apprendre le métier de tissage de tapis à sa fille. Mais après quelques années, elle finit sur le trottoir comme la plupart des filles à l’époque.

Un film plein de couleurs et de révélations sur un Maroc exploité, dont les droits sont bafoués au profit d’une minorité riche, arrogante qui méprise et piétine la majorité pauvre.

Quand j’ai vu ce film, j’ai été énormément touchée par une réalité aussi crûment présentée et qui n’est pas si loin de nous. Et une question a surgit automatiquement dans mon esprit. Au jour d’aujourd’hui, peut-on dire que les choses ont changé ? Peut-on dire que notre pays a évolué depuis les années 70 ?

Et c’est là-dessus, chers lecteurs, que je vous laisse méditer.

L'Auteur

Ghada Lamghari en quelques mots :
Ingénieur en automatisme et informatique industrielle. Passionnée par le sport, la culture et la nature.


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2 commentaires

  1. Ce film date de l’époque où Souhail Benbarka servait le cinéma avant de commencer à se servir du cinéma, et surtout à se servir lui-même …

    Film intéressant en effet..qui date un peu …..

  2. Personnellement, parmi les films marocains qui m’ont le plus marqué “Ali, Rabia et les autres” gardera une place privilégiée.


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